L’énergie nucléaire, facteur de risques en Ouzbékistan

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L’énergie nucléaire, facteur de risques en Ouzbékistan

L’attitude des autorités ouzbèkes concernant la construction d’une centrale nucléaire a provoqué une forte réaction en Asie centrale. Les opposants à cette idée sont principalement des habitants de la région, située à proximité géographique de la station potentielle. Les voisins les plus proches de l’Etat ouzbek, à la lumière des catastrophes en Ukraine, au Japon et dans d’autres pays, craignent raisonnablement pour leur avenir.

Il faudrait savoir qu’un accord intergouvernemental entre la Russie et l’Ouzbékistan sur la construction d’une centrale nucléaire a été signé en septembre 2018. C’est ce qui ressort des résultats de la visite en Ouzbékistan du président russe Vladimir Poutine, qui, avec son homologue ouzbek, Shavkat Mirziyoyev, a discuté des détails de ce projet.

La centrale nucléaire russe Rosatom construira une centrale nucléaire sur un site proche du lac Tuzkan Aydar, dans le réseau de lacs Arnai, dans la région de Jizzakh. Le projet coûtera environ 11 milliards de dollars américains et le premier groupe électrogène devrait être lancé en 2028.

Grâce au lancement de la centrale, l’Ouzbékistan devrait économiser annuellement environ 7 milliards de mètres cubes de gaz naturel, ce qui, s’il est vendu sans le transformer, rapportera environ 550 à 600 millions de dollars au trésor.

Cependant, ces chiffres et calculs prometteurs, ces avantages économiques ne provoquent aucune euphorie particulière dans la conscience publique des citoyens ouzbeks. La plupart des citoyens de la république sont  naturellement méfiants à l’idée de voir un quartier doté de réacteur nucléaire. En effet, les catastrophes survenues à la centrale nucléaire de Tchernobyl et à Fakushima au Japon ont clairement montré le danger des projets nucléaires.

Si nous prenons en compte de nombreux paramètres caractéristiques de l’Asie centrale, nous devons admettre que ce n’est pas l’espace le plus stable de la carte du monde. La région de Jizzar est l’une des régions du pays où l’activité sismique est active. Chaque année, on enregistre au moins 10 à 12 cas de séisme d’une amplitude comprise entre un et quatre points. Et le climat ici n’est pas non plus propice à la recherche de lieux sûrs pour le stockage des déchets nucléaires. Ce motif important est indiqué par les experts locaux.

En termes de sécurité en général, les perspectives de ce projet présentent un pourcentage de risque assez élevé. Une centrale nucléaire en exploitation peut devenir une cible pour les terroristes et les extrémistes porteurs d’éléments de guerres hybrides et asymétriques. De plus, la région où la construction de la station est prévue se situe non loin de l’instable Afghanistan. Et en Asie centrale, y compris en Ouzbékistan, la situation dans son ensemble est préoccupante.

Les militants écologistes ouzbeks qui s’opposent à la mise en œuvre du projet ont donc créé un groupe appelé Ouzbékistan contre les centrales nucléaires sur Facebook.Ses participants ont adressé une pétition au président de l’Ouzbékistan, ainsi qu’au président de la chambre haute du Parlement, Narbaeva, au directeur général de Rasatom Alexei Likhachev et à la direction de l’AIEA.

Dans ce document, ils indiquent que la décision de construire une centrale nucléaire a été prise sans auditions et discussions publiques. C’est-à-dire qu’il n’y a pas eu de consentement du peuple ouzbek et encore moins la prise en compte des avis des spécialistes. De nombreuses organisations publiques et non gouvernementales tirent la sonnette d’alarme. Cette question de haute portée mériterait donc un référendum et les forces sociales sont déterminées à tout faire pour y arriver.

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